Patrimoine
Le Marché couvert de Châteaubriant et la place Jeanne-d’Arc : témoins de l’évolution urbaine

Le Marché couvert de Châteaubriant et la place Jeanne-d’Arc : témoins de l’évolution urbaine.
Au cœur de Châteaubriant, en Loire-Atlantique, le marché couvert et la place Jeanne-d’Arc racontent l’histoire d’une ville qui s’est progressivement affranchie de ses murailles médiévales pour s’ouvrir à la modernité du XIXe siècle. Ces lieux, intimement liés, illustrent les mutations commerciales et urbaines d’une cité en pleine expansion.
De la cohue médiévale aux halles modernes
L’histoire commence en 1843, lorsque la municipalité castelbriantaise décide de rompre avec le passé en créant de nouvelles halles commerciales. Exit la vieille cohue médiévale : place à un édifice moderne, construit en dehors des murs, au nord de la ville close, sur une île formée par deux bras de la Chère. Ce premier marché couvert voit le jour en 1851, sur l’emplacement des anciennes murailles, rue Aristide-Briand (alors appelée rue Municipale).

Cette construction marque un tournant décisif dans l’organisation de la ville. Elle impose un nouvel axe principal qui polarise rapidement les activités artisanales et commerciales de Châteaubriant. Mais en 1900, les besoins évoluent : la mairie s’approprie l’ensemble du site du marché de 1851, qui deviendra l’actuel hôtel de ville.
La naissance du marché couvert Jeanne d’Arc
Face à cette mutation, il faut trouver un nouvel emplacement pour accueillir le marché. Dès 1888, sous l’impulsion du maire Michel Grimault, le conseil municipal décide de construire de nouvelles halles. Le 25 mars de cette même année, la ville acquiert un terrain stratégique occupé par le Cercle catholique, délimité par la rue Municipale, la rue Claire-goutte et la rue des Quatre-Œufs et la rue du Pélican à l’Est.
Le projet connaît cependant de nombreux rebondissements. Gaston Barbotin, élu maire le 20 mai 1888, reprend le flambeau, mais les difficultés financières retardent le lancement des travaux. Ce n’est que le 13 octobre 1889 que la démolition de l’ancien Cercle catholique est décidée. Le 2 mars 1890, le conseil municipal vote le transfert du marché aux œufs et aux volailles sur la nouvelle place nivelée, baptisée place Jeanne-d’Arc.
Après une succession d’imprévus tant financiers que techniques, le marché couvert Jeanne d’Arc est finalement inauguré le 3 avril 1900 par un troisième maire, Louis Aubin. L’édifice, typique des constructions métalliques de l’époque, témoigne de l’engouement pour l’architecture métallique qui caractérise la fin du XIXe siècle, à l’image des halles Baltard à Paris ou de la Tour Eiffel.
Un patrimoine toujours vivant
Plus d’un siècle après son inauguration, le marché couvert a su traverser les époques. Les halles métalliques sont toujours en place et ont trouvé une seconde vie : elles accueillent désormais des expositions et servent de lieu de réunions, perpétuant ainsi leur vocation de lieu de rassemblement pour les Castelbriantais. La pharmacie à l’angle de la rue Aristide Briand et de la place Jeanne d’Arc, renoue avec la tradition. Elle se nomme » Pharmacie Jeanne d’Arc ».
Le marché couvert de Châteaubriant et la place Jeanne-d’Arc demeurent ainsi des témoins précieux de l’histoire urbaine de la ville, illustrant le passage d’une cité médiévale close à une ville moderne ouverte sur son territoire, où le commerce et la vie sociale ont su trouver de nouveaux espaces pour s’épanouir.



